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Jeux Et Enjeux des Récréations du Monde

Jeux Et Enjeux des Récréations du Monde

Nos rencontres avec les élèves du monde entier


Thika: Une rencontre innatendue

Publié par Flo et Romain sur 4 Mai 2014, 19:11pm

Catégories : #Kenya, #Jeux

Depuis mardi nous sommes à Thika. C’est une petite ville de 100000 habitants à 1heure de bus de Nairobi (soit dit en passant le bus nous a couté 2€). Pourquoi avoir choisi Thika, parce qu’il y a des chutes d’eau à voir et parce qu’on voulait simplement s’éloigner de Nairobi…

Je dois dire qu’on a vraiment fait le bon choix…laissez-moi vous raconter.

En arrivant à Thika nous cherchions une auberge nommée Samann et sensée être dans la rue principale. Ne trouvant pas, nous avons demandé notre chemin à la croix rouge. Renox et Dominic ont appelé l’auberge…elle a fermé depuis 3ans !!! Ils nous ont alors conduits à la SacDep, un établissement qui organise des formations pour les agriculteurs. Ayant une chambre de libre ils ont accepté de nous héberger. C’est un endroit charmant avec beaucoup de verdures…et des singes qui se baladent partout ! Et en plus c’est calme et propre. Que demander de mieux… Nous avons vite sympathisé avec Renox et Dominic et notre projet sur les jeux du monde les a interpellés. Travaillant eux-mêmes avec les enfants des rues, ils ont tout de suite eu envie de nous aider. Le lendemain, nous sommes donc allés avec Tony (un autre volontaire de la Croix Rouge) dans deux centres qui s’occupent de recueillir les enfants des rues et de leur offrir nourriture, éducation et protection. Le premier centre (Wema Centre) ne s’occupe que des garçons. Nous avons été accueillis par Felix, le directeur, qui nous a expliqué le fonctionnement de son ONG. Il y a 23 garçons qui sont logés par le centre (soit parce qu’ils sont orphelins, soit parce que leurs parents sont trop pauvres), mais il y a aussi des enfants qui sont suivis par le centre mais qui dorment chez eux.

Les enfants du Wama Centre

Les enfants du Wama Centre

Thika: Une rencontre innatendue

Lorsque nous sommes arrivés dans la salle de classe où ils étaient tous regroupés, nous avons vu dans leurs yeux et sur leur visage de la joie. Il faut dire que cette jolie troupe avait très envie de jouer ! Nous sommes sortis et ils nous ont montré leurs jeux.

  • On a d’abord joué à « former des groupes ». Chaque joueur trottine sur le terrain et le modérateur tape dans ses mains puis il annonce « formez des groupes de X personnes ». Le plus vite possible les joueurs doivent se regrouper avec le bon nombre de personnes. Tous les joueurs sans groupe ou dont le nombre ne correspond pas au nombre choisi sont éliminés.
  • Nous avons poursuivi par « Concentration is the game ». On forme une ronde et on tape dans les mains sur le même rythme. Le premier jouer chante alors « Concentration is the game, keep the rythme if you can » puis toujours sur le même rythme il annonce 2 fois son prénom et 2 fois le prénom d’un autre joueur. Ce joueur doit à son tour dire 2 fois son prénom et 2 fois celui d’un camarade. Si un joueur se trompe il est éliminé et sort de la ronde.
  • Les enfants nous ont ensuite montré « I lost a letter », c’est un peu comme notre jeu du facteur. Tous les élèves sont assis en cercle sauf 1 qui est à l’extérieur avec un foulard. Il chante « I lost a letter » en tourant autour d la ronde et les autres répondent « find it ». après 3 échanges il dit « it’s not you », en touchant la tête du joueur avec le foulard. Lorsqu’il a trouvé sa victime il dit « it’s you ». Le joueur assis doit alors se lever et courir dans le sens opposé à celui qui l’a désigné. Le plus rapide à avoir fait un tour complet se rassoit et l’autre devient (ou reste) celui qui a perdu sa lettre.
  • Après cela, on a formé 2 équipes et on a joué à leur version du « papier/caillou/ciseau ». Ici c’est « lapin/ flèche/ mur ». Le lapin saute par-dessus le mur (et donc gagne un point), le flèche tue le lapin et le mur brise la flèche. En équipe on doit décider quel symbole on choisit. Le modérateur compte ensuite jusque 3 et les 2 équipes se retournent en faisant leur symbole. La première équipe à 5 points gagne. Si tous les joueurs d’une équipe ne font pas le même symbole, l’équipe perd un point.
  • Dans les jeux chantés, il y a celui des « familles ». Les enfants tapent en rythme et le premier dit « my father is a lion, my mother is an elephant, my sister is a tiger, and we are all animals » le second enchaine avec une autre famille (des véhicules, des pays, des montagnes, etc, etc)
  • Il y a aussi celui où les enfants miment et chantent en même temps : « there is an egg in a nest, and a nest on a branch and a branch on a tree and a tree on a hill and a hill on a ground and the ground can never be seen ». Puis ils reprennent la même chanson en remplaçant les mots “egg, nest, branch, tree, hill, ground” par “hmm”. C’est vraiment rigolo à voir et à chanter !
  • Ils connaissent également le jeu du loup garou mais ils l’appellent le jeu de la mafia.

Après tous ces jeux kenyans, à notre tour de leur apprendre quelques jeux français. On leur a montré la balle aux prisonniers et la tomate. Et tout ça, sous un soleil de plomb, on était crevé mais heureux de les voir s’amuser.

Le jeu de la tomate

Le jeu de la tomate

On a partagé leur repas (composé de maïs et de haricots rouge) puis nous nous sommes rendus à la fondation Otto Hoffmann, qui s’occupe cette fois de recueillir les filles de la rue.

A notre arrivée, les 28 filles nous avaient préparé une belle surprise : elles nous ont accueillis en chantant et en dansant. C’était vraiment un moment émouvant. Puis Jane, la directrice, nous a raconté son histoire et pourquoi elle avait créé cette fondation. Elle est issue d’une famille de 32 enfants (son père avait 6 femmes) et personnes ne s’occupait d’elle mais vers 10 ans elle a trouvé la foi dans le christianisme et est allée à l’école. Elle était dans la chorale. Après 2 ans, ne pouvant plus financer ses livres et uniformes elle a quitté l’école mais son don pour le chant l’a sauvé car l’école l’a rappelée pour participer à un concours de chant qu’elle a gagné. Ensuite elle est allée à l’université mais là encore, le manque d’argent l’empêcha de continuer. Heureusement, elle a rencontré la famille Hoffmann et elle a pu terminer ses études. Après cela elle a eu envie de rendre à la société ce que la société lui avait offert et en 2001 elle créa la fondation Otto Hoffmann qui offre aux petites filles de la rue un toit, une éducation, à manger et des soins. C’est une femme en or qui nous a beaucoup touchés. Elle nous a ensuite montré le dortoir des filles. 14 lits superposés avec chacun une moustiquaire. Simple mais propre ! Puis nous avons joué avec les filles. Et là je dois dire que les filles kenyanes jouent à peu près à la même chose que les filles françaises : corde à sauter, élastique, « 3 petits chats » (en Swahili bien sûr) et beaucoup de jeux en chanson. Nous leur avons montré le jeu du chef d’orchestre, du survivor et du serpent chat. Après la photo de groupe, Jane nous a raccompagné et nous a dit « Merci pour ce que vous faites, vous rendez les filles heureuses en portant l’attention sur elles, elles se sentent fières et c’est bien pour leur estime de soi ». J’en avais les larmes aux yeux, c’est plutôt elles qui nous ont fait grandir et surtout qui nous ont montré qu’on peut avoir peu mais profiter de ce que la vie nous offre. Merci Merci Merci !

Les filles du Centre Otto Hofmann

Les filles du Centre Otto Hofmann

Après cette journée bien remplie, nous sommes vite rentrés car on était plus qu’épuisés.

Le lendemain, 1er mai, fête du travail, la croix Rouge organisait un tournoi de foot local et l’équipe gagnante allait pouvoir intégrer la ligue régionale. Comme nous étions conviés à ce tournoi nous y sommes allés de bonne humeur. Le matin tout le monde s’est affairé à installer le terrain (tracer, les lignes, installer les tribunes….) puis nous avons joué avec les enfants présents. On a dansé et chanté puis on a fait un loup glacé et 1,2,3 soleil. Les enfants étaient heureux mais malheureusement certains pensent toujours que l’Europe c’est l’El Dorado et ils nous demandaient si on pouvait les emmener ou leur donner de l’argent… Mais je suis sûre qu’ils sont plus heureux là où ils sont que dans un camp pour sans papier ou sous un pont à Paris. Néanmoins ça fait mal au cœur de voir ça…

Les enfants du terrain de foot

Les enfants du terrain de foot

Thika: Une rencontre innatendue

En tout cas une chose est sûre, les enfants ne manquent pas d’imagination et ils se fabriquent leur jouet eux-mêmes : Nous avons vu plusieurs bambins jouer avec une roue de vélo ou un pneu et un bâton et d’autres faire rouler des voitures faîtes avec des bidons d’huile vides (ou des briques de jus d’orange) pour le corps et des bouchons pour les roues !!!

Thika: Une rencontre innatendue

Après ce moment de détente la petite finale a commencé suivie de la finale. Après le match nous voulions partir mais on nous a dit d’attendre la remise des prix ! Tout le monde s’est rapproché de la table des trophées et l’organisateur a fait un discours en Swahili. Bizarrement l’ambiance était houleuse mais cela ne semblait déranger personne… Le gouverneur du county est arrivé, puis il nous a serré la main (il était fier de notre présence), ça a bien fait rire tout le monde. Romain et moi avons été invité à remettre le prix du 4ème… et on m’a même demandé d’être sûr la photo des vainqueurs…Bref un moment de gloire mais heureusement qu’on était avec l’équipe de la croix rouge car cela aurait pu finir autrement… Pour certains nous sommes en effet des porte-monnaie vivants et c’est oppressant de devoir répondre à toutes leurs questions… Mais la journée s’est bien passée et quand nous sommes rentrés, notre linge était lavé et plié sur notre lit et notre repas nous attendait… Que demander de mieux !

remise des prix

remise des prix

Vendredi nous avons passé une matinée tranquille. On a d’abord photographié les singes venus manger quelques fleurs dans les jardins de SacDep puis nous sommes allés boire un verre dans le bar où nous étions déjà allés une première fois et où nous avions sympathisé avec le serveur. Il nous a offert les boissons. Ensuite nous sommes allés à la croix rouge et nous leur avons offert le parachute. C’est notre premier coup de cœur et on espère que le parachute leur servira.

Thika: Une rencontre innatendue

Dominic est ensuite venu nous chercher et nous nous sommes dirigés vers Kiota Children’s home en matatus. Ce centre de 20 enfants compte 8 filles et 12 garçons agés de 4 à 15ans. Nous avons fait quelques jeux dehors puis la pluie s’est invitée à la fête… c’est la première fois qu’on voit la pluie depuis notre arrivée et bien ce n’est pas une petite pluie… On a donc continué à jouer à l’intérieur. On a fait un pendu puis un pictionnary. Les enfants nous ont étonné ils savaient dire beaucoup de choses en français (tais-toi, lève-toi, au revoir, merci, bonjour, viens ici, assieds-toi…). Le plus jeune s’est assis sur moi et au bout de 2 minutes il dormait dans mes bras. Le directeur du centre nous a invités à visiter leur maison. Elle était beaucoup plus « vivante » et décorée que les deux autres. Il y avait beaucoup de dessins d’enfants et de jouets. Il y a même une salle télé. Les enfants participent aux tâches ménagères en équipe. Ils ont un programme et chacun sait ce qu’il a à faire et quand. Une maisonnée bien joyeuse et organisée. Après la photo finale, les enfants nous ont offert un petit sac tricoté par Sharon A. Nous avons ensuite repris le matatu puis le tuk tuk pour rentrer à SacDep.

Karibu Kiota Centre

Karibu Kiota Centre

Durant ces quelques jours, nous avons également appris beaucoup de choses sur le Kenya. Voici quelques informations en vrac mais qui aident vraiment à comprendre leur culture :

  • Le Kenya est indépendant depuis 1963 (c’est une ancienne colonie anglaise)
  • Le pays compte 40 millions d’habitants qui sont divisés en 42 tribus différentes. Ces 42 tribus ont des langues différentes, des coutumes différentes,… et à les entendre ils sont aussi différents physiquement. (certains sont plus foncés que d’autres, d’autres sont maigres, et les autres plus musclés…). La tribu la plus représentée est celle des Kikuyus.
  • Ce clivage pose certains problèmes en politique car chaque tribu veut garder ses habitudes et si un président est de telle tribu, il est à parier que tous les fonctionnaires seront de sa tribu.
  • Le pays est divisé en 47 « Countys » (régions), il y a donc 47 gouverneurs.
  • Concernant l’agriculture, les produits dominants sont le thé, le café, les bananes mais on trouve aussi du maïs, des mangues, des ananas, du manioc…
  • Le salaire moyen est de 6000 shillings kenyans par mois soit moins de 60 € (1€ = 120 KSh)
  • Les buffles sont les animaux les plus dangereux d’Afrique pour l’homme (ils n’hésitent pas à attaquer…et mieux vaut ne pas croiser leur route !)

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mam 15/05/2014 18:22

Beaucoup d'amour dans ce joli "reportage" De belles et bonnes rencontres pleine d'émotion ..........

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